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Un père et sa fille faisant un «Top-là»
Discipline Positive — 31 Oct 2021

Dois-je féliciter mon enfant?

Je suis fière de ta note mon fils !
Bravo ma chérie tu es vraiment une petite fille intelligente !
Tu es un champion !

Il est important lorsque l’enfant réussit une action, un apprentissage, adapte son comportement, qu’il ait conscience de ses progrès, de ses réussites. Le feed-back de l’adulte va renforcer positivement ou négativement cette prise de conscience.
La façon dont le parent agit, réagit, rétro alimente aura un impact, plus ou moins important, sur l’estime de soi et la confiance en soi de l’enfant.

La question qui se pose est donc Comment renforcer positivement les actes et les comportements des enfants : compliments ? encouragements ?

Féliciter et complimenter

Ça veut dire quoi au juste ?

Féliciter c’est complimenter quelqu’un sur sa conduite. C’est donc faire des compliments.

  • Quand je fais un compliment je fais quoi ?
    • J’exprime un jugement favorable
    • Je glorifie en attribuant tout spécialement une notion de perfection
    • J’exprime mon approbation
  • C’est plutôt positif, non ?

Faire des compliments n’a, en soi, rien de négatif. Beaucoup d’entre nous aiment recevoir des compliments. Un parent qui fait des compliments à son enfant n’est pas en train de commettre une erreur éducative. Il lui donne juste un feedback positif à tendance plus ou moins élogieuse sur ce qu’il a fait ou dit. Mais alors où est le débat si les compliments ce n’est pas un problème.

Ne vous est-il pas arrivé de vous sentir mal à l’aise face à trop de compliments ou face à certains compliments ? Voire de les rejeter en bloc ? Je pense que la réponse sera oui pour la plupart d’entre nous.
Pourquoi ? Que se passe-t-il avec les compliments ?

Les effets des compliments

Sur le court terme les compliments peuvent être agréables et les compliments en soi n’apportent pas de feedback négatif. Ils peuvent même être source de motivation pour certains et/ou juste faire plaisir.
Il est cependant intéressant de comprendre ce qui se passe derrière.

A terme, les compliments risquent de rendre l’enfant dépendant de l’approbation de l’adulte et du regard des autres.
C’est ce qu’on appelle avoir un référentiel externe.
Cela peut donc avoir un impact sur la confiance en soi et l’estime de soi des enfants.

En effet, si nous nous construisons avec pour seule évaluation de notre valeur ou de la valeur de ce que nous faisons, les critères établis (de façon directe ou indirecte) par une personne autre que nous, il est fort probable que nous serons souvent dépendants d’autrui pour valoriser nos réussites, nos actes. Cela peut mettre la pression face aux attentes des autres et influer fortement sur l’estime de soi.

Les compliments renforcent positivement mais avec un référentiel externe. C’est quelqu’un d’autre qui souligne ce qui est bien, si nous sommes assez.

Mais alors j’arrête de faire des compliments ? Non ! Pas nécessairement ! Mais il existe une autre façon de renforcer positivement : les encouragements.

L’encouragement

L’éducation positive met en avant l’encouragement. Pour ma part, j’adhère à la philosophie véhiculée par la Discipline Positive.
La Discipline Positive est une approche de l’éducation basée sur les philosophies d’Alfred Adler (1870-1937) et de Rudolf Dreikurs (1897-1972), tous deux psychiatres autrichiens.

Dreikus insistait sur la nécessité quotidienne d’encourager l’enfant en disant :

L’encouragement est à l’enfant ce que l’eau est à la plante.

Les mots sont forts et pour bien comprendre les fondements de cette phrase, revenons à la définition du verbe encourager:

  • Insufler du courage, de la force,
  • Aiguilloner, stimuler.

Ce que pense mon enfant si je l'encourage

Deux enfants tenant une affiche qui dit: «Je suis capable, Je peux participer, Je peux avoir de l'influence sur ce qui m'arrive et sur la manière de réagir à ce qui m'arrive»

On voit déjà que l’encouragement participe à long terme au développement de la confiance en soi (le référentiel devient interne).
Dreikus part aussi du principe qu’un enfant qui a un comportement inadapté est un enfant découragé.

Différence entre compliment et encouragement

Quand je félicite ou je complimente c’est moi qui donne de la valeur à ce qui est fait (et encore une fois ce n’est pas mal) mais cela rend l’enfant dépendant à l’approbation vu que c’est moi, adulte qui valide ce qui est bien.
Chez certains enfants cela peut même entraver la prise de risque. Ils pourraient se tourner vers des tâches plus faciles pour ne surtout pas prendre le risque de faire des erreurs et risquer de renoncer à l’approbation.
Ils peuvent même faire uniquement pour faire plaisir.

L’encouragement au contraire souligne les efforts réalisés par l’enfant, souligne ses actes, il aura tendance à vouloir se dépasser, vu que les encouragements boostent la confiance en soi.

Je vous laisse apprécier la différence de ressenti et d’impact des quelques exemples suivants:

Encouragements et compliments
Compliment Encouragement
Quel grand garçon ! Tous les jours tu apprends de nouvelles choses.
Je suis tellement fier de toi ! Comme tu dois être fier de toi.
Tu es trop intelligente ! Bon travail !
Tu es vraiment adorable ! Je t’aime quoi que tu fasses.
Tu es gentille mon cœur ! Merci pour ton aide mon cœur.

Aucune de ces phrases n’est négative. Elles n’ont simplement pas le même impact.
La première colonne souligne que l’adulte est content de son enfant et le lui signifie et dans la deuxième colonne l’adulte invite l’enfant à être content de lui.
Les bénéfices retirés par l’enfant ne sont pas les mêmes.
Sur le court terme les deux sont Ok.
Sur le moyen/long terme l’enfant sera plus apte à apprécier sa valeur par lui-même et on sait tous à quel point c’est important de ne pas laisser dans les mains d’autrui cette responsabilité. Surtout que les autres ne demandent pas à avoir cette responsabilité et je sais que comme moi, vous avez une idée des effets négatifs que cela implique.

Comment encourager l’enfant ?

Il est important d’aider l’enfant à valider ce qui est Ok, ce qui est accompli, ses progrès.
Et la plupart du temps dans ces cas-là, cela peut devenir simple une fois que nous sommes entrainés et avons pris conscience des bénéfices.

Même si parfois, certains parents pointeront encore et encore (malgré eux) ce qui manque.
L’enfant ramène un 17/20 et il reçoit un tu y étais presque. 😞

Mais que faire lorsqu’il n’y arrive pas, lorsque ses comportements ne sont pas adaptés.

  • Je le punis ?
  • Je lui crie dessus ?
  • Je ne vais quand même pas lui dire que c’est bien si ça ne l’est pas ?

Et pourquoi pas ? Gardez en tête que :

  • les étiquettes lui colleront longtemps à la peau (tu es maladroit, tu es nul),
  • les punitions n’ont comme effet que de stopper le comportement sur le moment et d’autres conséquences plus ou moins négatives,
  • un enfant qui a un comportement inadapté est un enfant découragé.

Voici quelques pistes pour vous aider à encourager votre enfant.

1- Se poser des questions

Si je veux enrichir ma façon de rétro alimenter positivement les avancées de mon enfant avec les encouragements, je peux me poser par exemple les questions suivantes :

  • Est-ce que je me place du point de vue de l’enfant, ou seulement du mien ?
  • Est-ce que ce que je dis le pousse à s’auto-évaluer, ou au contraire à être dépendant de l’évaluation d’autrui ?
  • Est-ce que je me mets à sa place ?
Des parents forament une tente avec leurs bras au dessus de leurs enfants qui ont l'air touchés par le geste

2- Atteindre le cœur avant d’atteindre la tête

Pour encourager efficacement il est important :

  • D’être connecté, c’est-à-dire être à l’écoute : ça ne veut pas dire céder et ignorer ses besoins d’adultes mais prendre en compte les besoins de l’enfant, qui ne sont pas les nôtres.
  • De s’inscrire dans une relation de respect mutuel : il s’agit de respecter à la fois le monde de l’adulte et le monde de l’enfant.

Pour cela les temps dédiés sont aidants : des temps ou le parent et l’enfant décident de passer ensemble un moment exclusif avec l’autre. Cela permet de se rendre compte que l’on compte pour l’autre.
Un autre moyen simple de connexion est le geste d’affection. Quoi de mieux qu’un câlin ?
Et pour se connecter à l’autre et bien comprendre son monde : posez des questions, ouvertes et qui ne commencent pas par pourquoi.

3. Partir des forces et se centrer sur le processus d’amélioration

Naturellement nous avons tendance à nous arrêter sur ce qui ne va pas bien, sur ce que les autres (ou nous-mêmes) ne faisons pas bien. Les enfants ne se comportent pas mal, ou ne font pas mal à 100% du temps, bien au contraire. Mais si notre centre d’attention est totalement dédié au négatif, on ne verra que le négatif.

Alors pour encourager, cherchez dans la situation ce qui est positif, ce que l’enfant sait faire, il est indispensable de valoriser le processus d’amélioration et les petites avancées.
Il est important de se rappeler que les apprentissages ne se font pas à l’instantané et de façon innée. Laisser-lui le temps d’intégrer et dites clairement ce qui est attendu et comment y arriver.

Oui cela demande aussi de penser autrement et c’est le point suivant.

4- Changer son regard sur l’erreur

Si on considère les erreurs comme de merveilleuses opportunités d’apprentissage et que l’on enseigne à son enfant que les erreurs peuvent se réparer cela peut faciliter l’encouragement.
Pour cela il faut que l’adulte assouplisse sa façon de voir les erreurs et implique l’enfant dans la recherche de solutions.
Plutôt que blâmer, punir ou critiquer, il s’agit de chercher ensemble comment réparer les erreurs.

5- Encourager l’auto-évaluation et l’autonomie

  • Demander à l’enfant ce qui est réussi avant de pointer les erreurs. Lui demander ce qu’il pense de ce qu’il vient de faire. Il est probable qu’il trouve tout seul ce qui ne va pas.
  • Il est important de donner envie de continuer ce qui est bien et de progresser, c’est une de clés de l’encouragement.
  • Favoriser l’autonomie encourage l’enfant à se sentir capable.

Pour y parvenir un bon moyen est la mise en place de routines, ce n’est plus à l’adulte de prendre les commandes mais la routine et l’enfant est ainsi plus autonome.
Comment procéder ?
Selon l’âge de l’enfant :

  • une liste de choses à faire de façon récurrente,
  • un tableau qui permet de visualiser ce qui est à faire le soir après l’école, par exemple,
  • le matin au réveil, une to-do list sur le téléphone.

Bien entendu il appartient à l’adulte de vérifier le bon déroulement des différentes étapes.
Les routines peuvent être élaborées ensemble.

Conclusion

Féliciter, complimenter son enfant, c’est ok et n’est pas à proscrire. Tout est une question de dosage. Trop d’éloges peut mettre l’enfant sous pression parce qu’il doit tout faire pour être à la hauteur des attentes de l’adulte et ne l’aide pas à décider par lui-même de sa valeur. Il est aussi souhaitable, voir recommandé, de s’exercer à la dynamique de l’encouragement. Ce n’est pas ce que nous faisons de façon spontanée et cela demande un peu d’entrainement mais le résultat en vaut vraiment la peine : un enfant qui gagne en estime de soi.

Tout est une question d’équilibre.
On peut féliciter, complimenter et encourager.
Du positif sera toujours mieux que des critiques et des phrases humiliantes.
Pour décider ce qui convient pour vous et pour vos enfants, le plus important c’est de savoir ce qu’impliquent vos choix et de relativiser.
Vous faites de votre mieux et c’est déjà beaucoup.
Essayez, testez et évaluez la pertinence des outils et des méthodes qui vous sont proposés, dans votre contexte et, conservez ce qui donne de bons résultats pour vous et pour vos enfants.

Prenez soin de vous, prenez soin d’eux.

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Emmanuelle Gonthier

Enseignante Coach

Je suis Emmanuelle Gonthier, professeur des écoles pendant 13 ans et professeur d'espagnol depuis 8 ans. Je suis coach certifiée, maître praticien PNL et facilitatrice de parents en ®Discipline Positive.

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